Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Friendly French Stories, le podcast de ceux qui apprennent le français. Dans le premier épisode, je vous ai raconté comment Isabelle et Arthur, deux étudiants, ont permis à un cinquantenaire de ressortir vivant d’un incendie. Aujourd’hui, je poursuis le récit de leurs péripéties avec des faits encore plus sérieux.

Avant de commencer, j’aimerais vous dire que si vous aimez ce podcast et que vous souhaitez me soutenir, j’ai ouvert un Patreon grâce auquel vous pourrez accéder au script des épisodes et à divers autres avantages. Le lien se trouve dans la description du podcast. Ceci étant dit, nous pouvons commencer. Je tiens à préciser que cette histoire est tirée de faits réels. Je vous souhaite une très bonne écoute.

Depuis l’incendie, une année s’est écoulée et ces événements ne sont plus qu’un lointain souvenir pour Isabelle et Arthur. Cet accident les a évidemment marqués, mais ils s’en sont remis et ont repris le cours de leur vie. Nous sommes maintenant en 2019.

Isabelle est heureuse. Elle a décroché un contrat, quelques mois plus tôt, dans un établissement touristique très fréquenté de la ville. À vrai dire, c’est le plus fréquenté. Arthur, quant à lui, a poursuivi ses études. Mais les débouchés que proposait sa formation initiale n’étant pas vraiment passionnants à son goût, il a préféré opter pour une reconversion dans le domaine de l’informatique. Il est désormais en recherche d’emploi et passe ses journées à envoyer des candidatures spontanées un peu partout en France, à faire du sport et à renforcer ses compétences professionnelles grâce à des projets personnels.

Le mois de juillet 2019 est marqué par leur déménagement. Ils ont choisi de s’éloigner un peu du centre-ville pour trouver un logement plus grand, car ils se sentaient de plus en plus à l’étroit dans celui qu’ils occupaient auparavant. Leur nouvel appartement se trouve à proximité du lieu de travail d’Isabelle, qu’elle peut rejoindre en trois minutes à pied, montre en main. Celui-ci mesure à peu près 90 mètres carrés et se trouve au cinquième étage d’une résidence qui en est constituée de huit.

Ils adorent ce logement car il est non seulement plus grand, mais il est aussi doté d’une cuisine indépendante, de nombreux placards, et les pièces sont dans l’ensemble très spacieuses. Le seul reproche qu’ils puissent lui faire, c’est d’être mal agencé. La cuisine, près de l’entrée, donne sur un espace vert situé derrière le bâtiment. Le salon, quant à lui, se trouve au bout d’un couloir étroit et donne sur la rue. Ce détail a son importance pour la suite de l’histoire.

Le quartier est plutôt tranquille. En été, des embouteillages s’éternisent parfois au pied de leur immeuble à cause de la proximité avec l’établissement touristique de la ville où travaille Isabelle, mais ils ne constituent pas un si grand problème grâce aux fenêtres double vitrage de l’appartement.

Ce samedi 3 août 2019, le jour se lève et les oiseaux commencent à pousser la chansonnette. C’est une journée comme toutes les autres. Isabelle, qui ne travaille pas ce jour-là, a bien l’intention de profiter de ce jour de repos pour lire et regarder des émissions télévisées qu’elle apprécie, tandis qu’Arthur va poursuivre sa recherche d’emploi laborieuse. La journée se passe sans encombre. Un bon déjeuner, quelques coups de fil à des amis, un dîner presque parfait, et les derniers rayons de soleil se mettent à flirter avec l’horizon. C’est le début d’une soirée ordinaire.

Arthur n’aime pas faire la cuisine. C’est un fait, et il ne rechigne pas à l’admettre. En revanche, il partage tout de même avec Isabelle un intérêt particulier pour une émission culinaire appelée Le Meilleur Pâtissier, dans laquelle des candidats concourent pour faire les meilleures pâtisseries et être reconnus dans le milieu. Et cela tombe bien, car ce soir-là, c’est cette émission qui est diffusée à la télévision. Nos deux tourtereaux ont prévu de s’installer confortablement dans leur canapé et de débattre sur les confections des uns et des autres.

Après une petite heure, en plein milieu d’épisode, ils commencent à entendre de l’agitation provenant de l’appartement qui se trouve au-dessus de chez eux, au sixième étage. L’isolation n’étant pas des meilleures, il leur arrive parfois d’entendre des objets tomber ou des bruits de pas résonner, et ils y sont habitués. Toutefois, les bruits qu’ils entendent semblent différents cette fois-là, un peu difficiles à définir. Ils ont l’air violents, soudains et sont irréguliers. De chez eux, il leur est difficile de comprendre ce qu’il peut bien se passer. Ils sont juste surpris par ce tapage infernal qui semble empirer de minute en minute.

Des sons puissants et sourds laissent à penser que quelqu’un est en train de frapper un mur de toutes ses forces. Ils sont de plus en plus forts et inquiétants. Soudainement, en plus de ces bruits, ce sont des cris qui se font entendre. Pas des cris de détresse, non, mais plutôt des cris de colère, comme lorsque des gens se bousculent, se battent. Isabelle et Arthur sont de plus en plus inquiets et il est maintenant impossible pour eux de regarder leur émission préférée sans s’en vouloir de ne pas agir. Tandis que les bruits subsistent, les cris se font encore plus forts et semblent désormais venir de l’extérieur de l’appartement du dessus. De toute évidence, il se passe quelque chose de grave.

À ce moment de la soirée, Isabelle et Arthur se trouvent tous les deux dans le salon. C’est une pièce d’une trentaine de mètres carrés avec des portes-fenêtres derrière lesquelles se trouve un garde-fou. Tout à coup, Arthur décide de se lever et d’aller jeter un œil à l’extérieur. Il sait que la situation est anormale. Il ouvre une fenêtre et s’aperçoit qu’en contrebas, une foule d’une dizaine de personnes est réunie sur le trottoir d’en face. En regardant rapidement les appartements alentour, il constate que de nombreuses personnes affolées sont accoudées à leur fenêtre, abasourdies. Tous les regards semblent être dirigés vers lui.

Étonné et paniqué, Arthur décide d’ouvrir les rideaux des portes-fenêtres qui étaient jusque-là fermés. En un instant, il se rend compte de la gravité de la situation. Devant lui, deux jambes sont suspendues dans le vide, en train de balancer. La fenêtre, encore ouverte, laisse entrer les cris des passants réunis en bas, en plus de ceux qui proviennent de l’appartement du dessus. La scène est tout simplement surréaliste.

Isabelle et Arthur paniquent, ils ne savent pas ce qu’ils doivent faire. Pendant ce temps, la police et les pompiers ont eu le temps d’arriver sur les lieux, mais ils sont aussi démunis que tout le monde. « Qu’est-ce que je devrais faire ? » se demande Arthur, alors que la situation a dégénéré depuis une bonne minute. « Est-ce que je dois ouvrir la fenêtre et le secourir, au risque qu’il m’entraîne dans sa chute, ou dois-je appeler quelqu’un au secours ? » Il se rendra compte, après coup, qu’il n’y avait sûrement pas de bonne solution à ce moment précis, et que peu importe ce qu’il aurait tenté, rien n’aurait pu résoudre le problème.

Il décide d’emmener Isabelle loin des fenêtres au cas où les choses tourneraient mal. Quant à lui, il cherche, en vain, à garder son calme. L’homme, qui est suspendu au petit balconnet, semble désespéré. « Désolé, maman ! » crie-t-il à répétition. Les secondes passent, et Arthur s’approche à nouveau des portes-fenêtres. Il a tout juste le temps de regarder vers le haut, pour vérifier si l’homme est toujours là, qu’il le voit lâcher le garde-fou auquel il était accroché, et se diriger inexorablement vers sa fin.

Dehors, la foule qui s’était amassée pour assister à la scène, et les gens qui regardaient depuis leur fenêtre, impuissants, poussent un cri d’effroi. Arthur, à ce moment précis, reste figé. Isabelle, cachée derrière le canapé, pleure de panique, et ne sait pas que cette histoire est désormais terminée. « Qu’est-ce qu’il y a ? » demande-t-elle après s’être retournée, tout en essayant de contrôler ses sanglots. « Il est tombé », lui répond Arthur, bouche bée.

Il rejoint Isabelle derrière le canapé et la serre dans ses bras. Cette dernière décide d’appeler sa mère pour trouver du réconfort. Arthur, lui, n’en croit toujours pas ses yeux. À son grand désarroi, quelques secondes après ce tragique événement, il a vu la victime au sol, inerte.

Lorsqu’il ferme la fenêtre, il est un peu plus de 23 heures. La police et les pompiers s’affairent au pied de l’immeuble. La foule qui s’était rassemblée a été dispersée et rapidement, le silence se fait entendre. La lumière des gyrophares s’infiltre subrepticement dans l’appartement. Dans l’appartement du dessus, c’est le calme plat. Que s’est-il passé ? Quelles sont les raisons qui ont conduit à ce drame ? Isabelle et Arthur ne le savent pas et ne le sauront probablement jamais.

La soirée, qui devait se passer tranquillement devant la télévision, s’achève brusquement. Pendant plusieurs longues minutes, Isabelle discute avec sa mère au téléphone et reste cachée derrière le canapé, tremblante. Arthur décide à son tour de joindre ses parents malgré l’heure tardive et ne cesse de repasser en boucle la scène à laquelle il vient d’assister dans sa tête.

Le lendemain, après avoir essayé tant bien que mal de se reposer, Isabelle se rend au travail. Quelques-uns de ses collègues ayant eu vent de la nouvelle se pressent vers elle pour lui demander si elle va bien et en savoir plus sur ce qu’il s’est passé. Arthur, quant à lui, passe la majeure partie de ce dimanche 4 août 2019 seul et traumatisé, quelques jours seulement après avoir emménagé dans cet appartement idéal.

Merci d’avoir écouté ce deuxième épisode. J’espère que vous avez apprécié. J’ai fait en sorte de donner beaucoup de détails pour que vous puissiez vous plonger dans l’histoire au maximum. Si vous aimez ce podcast, je vous rappelle que vous pouvez soutenir le projet sur Patreon pour avoir accès à la transcription et à d’autres avantages. Le lien se trouve dans la description du podcast. On se retrouve dans le prochain épisode qui sera, j’en suis sûr, moins triste que celui-ci. À bientôt !

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