Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Friendly French, le podcast de ceux qui apprennent le français. Dans ce premier épisode, vous allez entendre l’histoire d’Arthur et Isabelle, sans qui un pauvre cinquantenaire aurait perdu la vie. Cette histoire est tirée de faits réels, je vous souhaite une très bonne écoute.

Arthur et Isabelle, sa petite amie, sont étudiants.

Ils sont en couple depuis quelques années et vivent ensemble dans une petite ville du nord de la France. Après une semaine d’automne chargée et stressante due à leurs partiels, ils décident de profiter du week-end. Ils prévoient donc, une fois le samedi venu, d’aller se promener sur la plage, puis de manger une glace en admirant le coucher du soleil, et enfin d’aller passer un bon moment au restaurant. Le début de cet intéressant programme se déroule sans accroc.

Ce jour-là, il fait très beau, les vagues s’abattent calmement sur le sable fin et une légère brise marine effleure leur visage. Il n’y a cependant pas énormément de monde sur la plage. Après une longue promenade et des discussions passionnées, ils se dirigent vers le marchand de glace le plus proche. À cette époque, Arthur raffole des glaces au chocolat et Isabelle, qui n’aime pas trop ça, ne peut s’empêcher d’esquisser un large sourire à chaque fois qu’elle le voit en déguster une.

Cette journée se passe tellement bien qu’ils ne voient pas le temps passer. Une dégustation de glace excellente, mais toutes les bonnes choses ayant une fin, il est désormais l’heure de rentrer. Main dans la main, Isabelle et Arthur entament la route du retour, tout en continuant de discuter de choses et d’autres. Habitant non loin de la plage, ils se retrouvent rapidement chez eux.

En tant qu’étudiants, le logement qu’ils louent est très sommaire. 30 mètres carrés, une chambre, une salle de bain et un salon dans lequel se trouve une kitchenette. Une très petite kitchenette. À ce moment de leur vie, ils se considèrent bien chanceux d’avoir un toit au-dessus de la tête, de ne manquer de rien et d’habiter à proximité de l’université et de la plage.

Leur appartement, au deuxième étage, est traversant. Trois grandes fenêtres donnent sur la rue et l’université. C’est une rue à sens unique et pendant la journée, il y a beaucoup de passages. Les deux fenêtres de la chambre, situées à l’opposé de l’appartement, donnent quant à elles sur une petite cour et un bâtiment de cinq étages de logement.

La petite cour est délimitée par de grands murs de pierres à gauche et à droite, ce qui bloque la vue des voisins situés au rez-de-chaussée. Seuls les résidents la traversent, ce qui par conséquent en fait un lieu très isolé. La plupart des logements de ce bâtiment et de celui dans lequel vivent Isabelle et Arthur sont occupés par des étudiants. Il s’avère que chaque week-end, ceux-ci rentrent chez leurs parents.

Alors qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, tout simplement que chaque week-end, Isabelle et Arthur se retrouvent seuls dans leur bâtiment de 5 étages et que le bâtiment situé derrière le leur est également vide, à l’exception du rez-de-chaussée, occupé par un cinquantenaire qu’ils ne connaissent pas. Ce samedi-là, juste après être rentrés de la plage, Isabelle et Arthur songent à s’apprêter, mais ce dernier hésite. Il ne sait pas encore pourquoi, mais il ne veut pas aller au restaurant.

Après en avoir discuté brièvement avec Isabelle, ils décident tous deux, d’un commun accord, de ne pas sortir ce soir-là. Ils ne le savent pas encore, mais cette décision est la meilleure qu’ils puissent prendre. Aux alentours de 20h, alors qu’Arthur est assis sur le canapé et étudie l’anglais sur son ordinateur portable, Isabelle décide de préparer un repas simple mais délicieux. C’est un repas asiatique très épicé dont elle raffole.

Et qui dit repas épicé dans un appartement de 30 mètres carrés dont les fenêtres sont fermées, dit « gorge qui gratte, toux violente et nez qui coule ». Habituée à ces sensations désagréables, Isabelle décide donc d’ouvrir quelques fenêtres pour aérer l’appartement et éviter au maximum ces désagréments. Elle ouvre d’abord une fenêtre du salon, puis se rend dans la chambre pour ouvrir les deux qui s’y trouvent. Et, calmement, alors qu’elle ouvre la première fenêtre de la chambre, elle interpelle Arthur pour lui dire « il y a un feu derrière chez nous ».

Oui, oui, avec un calme olympien, elle annonce qu’il y a un feu. Arthur, plongé dans ses études d’anglais, ne réagit pas très vite. À ce moment de l’année, il n’est pas rare de voir au loin des fumées noires s’élever dans le ciel. Allez savoir pourquoi.

Arthur ne s’inquiète donc pas plus que ça. Toutefois, poussé par la curiosité et étonné par le calme avec lequel Isabelle lui a parlé, il décide de se lever et d’aller jeter un œil par une fenêtre de la chambre. Ses yeux se portent immédiatement au loin vers le ciel, puisqu’il s’attend à voir les mêmes fumées noires que d’habitude, mais rien. Puis il se porte très rapidement vers le bas, en direction de la petite cour.

Il aperçoit alors de la fumée se dégager de l’appartement du rez-de-chaussée dans le bâtiment de derrière. Une seconde passe et il entend un léger cri de détresse venant de l’intérieur de l’appartement. Il sait qu’il n’y a pas une autre seconde à perdre. Paniqué, mais déterminé à venir en aide à cette personne en danger, il ouvre brusquement la porte d’entrée de son appartement et descend les escaliers à toute vitesse, au risque de tomber, puis se dirige vers la petite cour à côté de laquelle se trouve l’appartement en feu.

Les flammes sont déjà immenses. De la fumée noire s’échappe des deux fenêtres à moitié ouvertes et il est clairement inenvisageable de passer par la porte d’entrée de l’appartement, fermée et au travers de laquelle on distingue facilement l’incendie. Arthur ne peut pas libérer la victime de cet incendie seul. Il appelle les pompiers.

Son cœur bat la chamade, mais il décide de ne pas rester là à rien faire. Il traverse le rez-de-chaussée de son bâtiment et se rend du côté de la route pour voir si d’autres personnes peuvent l’assister. Par chance, à ce moment précis, un homme passe devant le bâtiment et Arthur lui demande de l’aider. Les deux hommes se dirigent donc vers l’appartement en feu, en courant.

Entre temps, Isabelle, munie de seaux d’eau, fait de son mieux mais rien n’y fait. L’inconnu essaie tant bien que mal d’atteindre la victime, allongée au sol. Il casse prudemment les fenêtres, tente de la saisir mais il n’y parvient pas. Le feu est maintenant trop fort et les risques d’être pris au piège sont trop importants.

Tous les efforts déployés sont inutiles. Les cris de détresse de la victime sont de plus en plus puissants. Sa vie est en péril. Fort heureusement, les pompiers ne tardent pas à arriver avec leur camion et leur lance à incendie.

Ils semblent décontractés car de leur point de vue, ils ne voient que le bâtiment où vivent Isabelle et Arthur. Et celui-ci ne présente aucun signe d’incendie. Il y a bel et bien un incendie, mais dans le bâtiment qui se trouve derrière celui-ci. Arthur, toujours paniqué par cette situation, le leur fait rapidement remarquer.

Les pompiers entrent en action. Ils suivent un processus rigoureux et restent prudents. Ils ne savent pas ce qui se trouve dans l’appartement et quel danger les attend. Ils commencent à arroser l’appartement, parviennent à y pénétrer et à secourir le pauvre homme.

Isabelle et Arthur attendent dans la rue qui se trouve en face de chez eux. Les pompiers s’activent tandis que certains passants s’arrêtent et regardent ce qu’il se passe. Après une dizaine de minutes, l’incendie est maîtrisé. Trois ambulanciers, munis d’une trousse de soins et d’un brancard, et arrivés depuis peu sur les lieux, s’engouffrent dans le bâtiment, puis traversent la petite cour pour apporter les premiers soins à la victime.

Quelques minutes plus tard, ils la transportent dans l’ambulance et partent pour l’hôpital. Les pompiers terminent de sécuriser le logement incendié, vérifient que personne ne se trouve au-dessus du logement, puis, une fois le travail terminé, partent vers d’autres aventures. Isabelle et Arthur rentrent chez eux, bouleversés par cet événement. Le repas préparé par Isabelle n’est maintenant plus au programme.

La soirée se termine devant la télévision. Quelques jours plus tard, le journal local rapporte les faits. Samedi soir, un incendie a eu lieu dans un appartement du centre-ville. Selon les premiers éléments de l’enquête, un homme d’une cinquantaine d’années, alcoolisé, s’est endormi sur son canapé une cigarette allumée à la bouche.

Celle-ci aurait mis le feu au canapé avant que celui-ci ne se répande dans tout l’appartement. La victime a été transportée à l’hôpital et ses jours ne sont plus en danger, mais elle présente des brûlures au troisième degré sur une grande partie de ses jambes et de son bras gauche. Ce samedi soir d’automne, la décision de ces deux étudiants de ne pas aller au restaurant s’est avérée vitale. Isabelle, en avertissant Arthur, est devenue une héroïne inconnue.

Sans elle et son calme surprenant, la victime n’aurait probablement jamais été secourue à temps.

C’est déjà la fin de ce premier épisode, je vous remercie de l’avoir écouté. Si vous avez des conseils, des remarques ou des suggestions pour améliorer ce podcast, n’hésitez pas à me le dire sur les réseaux sociaux. Vous pouvez également visiter la page Facebook Friendly French, sur laquelle je poste des nouveaux mots tous les jours de la semaine.

À bientôt !

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